• Virginie Mathiaux

KEEN, le nouveau réseau social sorti du labo Google


Le monde des réseaux sociaux s’agrandit avec Keen, qui fait très discrètement son apparition depuis quelques jours. Sorti d’Aera 120, une équipe du lab interne de Google, ce nouveau média social va devoir trouver sa place dans un paysage qui commence à être bien occupé maintenant.



Comment se présente-t-il ?

Avec Keen, l’utilisateur pourra constituer un recueil de ressources sur un thème choisi. Vidéo, audio, photo, document écrit, lien… toutes les ressources peuvent être cumulées dès lors qu’elles renseignent le thème.

Ainsi, on donne la possibilité à l’utilisateur de conserver tout ce qu’il trouve pertinent sur son groupe préféré ou sur l’archéologie médiévale… peu importe le sujet, tout devient compilable. On peut créer une forme de « tableau », un « keen », ce qui laisse à penser que Pinterest est donc son concurrent direct. Sauf que contrairement à Pinterest, le champ de fichiers accepté est nettement plus large.

Si le tableau élaboré est, selon les créateurs de Keen, « privé par défaut », il peut être édité et devenir public. On peut même inviter des amis ce qui doit favoriser les échanges entre membres ayant les mêmes centres d’intérêts et ainsi, permettre la création de communautés.

Avec Keen, le terme de curation (récupération de sources), habituellement utilisé par les communicants pour nourrir leurs blogs ou leurs pages pros sur les réseaux sociaux, devient banal.


Pourquoi Keen ?

Le nom de ce réseau ne sera pas forcément très inspirant pour le Français moyen. Il va devoir se rappeler ses lointains cours d’anglais pour retrouver le sens de « keen » dans ces phrases toutes faites apprises au collège : « I’m very keen on cinema ». Keen, c’est tout simplement ce qui suscite chez nous l’intérêt et que l’on apprécie voire que l’on aime. Oui, ça y est, ça vous revient !

Votre prof de l’époque vous a sans doute expliqué que aussi que « fond of » c’était un sentiment beaucoup plus fort : « I’m fond of football »…

Keen, ce n’est donc pas la passion dévorante mais bien la chose aimée que l’on trouve intéressante.


Pour qui ?

Après une telle description et cette laborieuse évocation de l’anglais du collège, il est difficile d’imaginer que ce réseau social attirera les plus jeunes (sauf s’ils ont un exposé à faire…). Dans la présentation de Keen, le positionnement n’est pas franchement clair. On peut supposer que ce sera une cible plutôt mature dans son utilisation du web et probablement aussi en âge. Par conséquent, on voit bien les 35-50 ans, grosso modo.

Où ?

Pour le moment l’appli est disponible sur le Play store avec une version ordinateur et une version Androïd. Mais il paraît qu’une version IOs est en développement...

La question de la data…

Forcément, on aborde la question qui fâche. Parce que rien n’est gratuit en ce monde, il est évident que si Google tient à lancer son propre réseau social et qu’il a ajouté pour cela, une seconde équipe en interne, Pair (People and AI Research), spécialisée dans l’intelligence artificielle et le maching-learning system (désolée pour l’anglicisme), c’est parce qu’il a un objectif autre que le seul partage.

Avec une inscription qui se fait via un compte Google, Keen va pouvoir connaître tout ce qui vous intéresse et où vous allez à la pêche aux ressources. Il va comptabiliser le temps passé à chercher pour chaque sujet ou « keen » qui sera créé.

En gros, il saura à qui vous donnez du crédit, qu’est-ce qui retient votre attention, vous interpelle…

La motivation est donc de mieux connaître les envies, les réflexes et plus largement, les actions de navigations de l’internaute. Là, plutôt que de forcer la main vers du contenu, on laisse les bases se constituer. Cela rappelle un peu Netvibes qui permet de créer des pages de liens vers des sites qui peuvent étayer d’une façon plus ou moins directe, un sujet donné. C’est aussi la preuve que les algorithmes Google, aussi sophistiqués soient-ils ne répondent pas à toutes les questions que le géant du web se pose.

Il retourne donc sa lorgnette et décide de laisser libre cours aux internautes pour observer et comprendre ce qu’ils font. Ensuite, bien sûr, certaines de ces données seront analysées et rentreront dans des actions, notamment de ciblage chez Google ads.


Une autre façon de concevoir la recherche d’engagement. Pas tellement plus intrusive qu’une autre mais plus intelligente ? Peut-être…



Pour aller plus loin, cet article en anglais :

https://www.theverge.com/2020/6/19/21296636/google-keen-pinterest-rival-ai-machine-learning

Cet autre, par le co-fondateur de Keen : https://medium.com/staykeen/want-to-share-your-passion-with-the-world-get-keen-f8a0050b89f


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